Quand revenir devient un acte de guérison
Après plusieurs années passées loin de la région qui m’a vue grandir, revenir en Provence a eu la saveur d’un souffle retrouvé. Il y a des lieux qui ne nous quittent jamais vraiment, même lorsque la vie nous pousse à tracer d’autres chemins. La Provence fait partie de ceux-là : une terre qui s’imprime dans la peau, dans la mémoire, dans la manière même de respirer.
Revenir ici, c’est d’abord renouer avec une lumière. Celle qui glisse sur les façades ocres, qui danse sur les collines, qui transforme chaque fin de journée en tableau vivant. C’est aussi retrouver des odeurs familières : le parfum du thym chauffé par le soleil, la mer qui n’est jamais très loin, les marchés où se mêlent fruits mûrs et accents chantants.
Mais ce retour n’est pas seulement géographique. Il est intérieur. Pour moi, revenir sur la terre qui m’a vue grandir, c’est reprendre contact avec la petite fille que j’ai été. Celle qui observait le monde avec une sensibilité immense, sans encore comprendre les blessures qui la traversaient. Car la Provence, c’est aussi la terre de mes blessures — celles de l’enfance, celles qui marquent et qui façonnent.
Et pourtant, choisir d’y revenir, choisir de m’y réinstaller, est pour moi un signe profond de guérison. Comme si revenir là où tout a commencé me permettait de refermer un cycle, d’apaiser ce qui devait l’être, et de transformer ces expériences en force douce et utile.
Aujourd’hui, si je reviens en Provence, c’est parce que cette petite fille — devenue femme — a compris, apaisé, transformé ces blessures. Et elle souhaite désormais accompagner les jeunes et les familles qui, à leur tour, en ont besoin. À ma façon. Avec mes outils, mon expérience, ma sensibilité. En ligne, à des horaires adaptés, flexibles, pensés pour les adolescents, les parents, les familles qui jonglent avec des emplois du temps complexes et des émotions parfois débordantes.
Ici, je retrouve un rythme qui me ressemble davantage. Un rythme où je prends le temps de marcher, de regarder, d’écouter. Un rythme où je peux créer, imaginer, accompagner, transmettre. La Provence m’offre un espace pour déployer ce que j’ai appris ailleurs, tout en me reconnectant à mes racines.
Et puis, il y a la nature. Celle qui m’a façonnée autant que les expériences de la vie. L’odeur des pins chauffés par le soleil, qui me ramène instantanément à l’enfance. Le chant des cigales qui accompagne mes pas comme une musique familière. Les sentiers qui serpentent entre les collines, les chemins de terre où chaque pas semble dire « tu es chez toi ».
Il y a aussi les calanques, ces cathédrales de roche blanche plongeant dans une mer d’un bleu presque irréel. Marcher là-bas, c’est comme respirer plus profondément. C’est sentir la force brute de la nature, sa beauté, sa simplicité. C’est retrouver un espace où le corps se détend, où l’esprit s’ouvre, où les émotions trouvent leur juste place.
Dans ces paysages, je me sens à la fois ancrée et libre. Ancrée parce que tout ici me rappelle d’où je viens. Libre parce que la nature provençale m’invite à rêver, à créer, à transmettre autrement. Elle me rappelle que l’apaisement est possible, que la douceur existe, que la guérison peut naître dans la simplicité d’une marche, d’un souffle, d’un parfum de pin.
Revenir ici, c’est accepter que la guérison passe parfois par le courage de revenir sur ses pas. Ce retour marque la fin d’un cycle et le début d’un autre. Je reviens ici avec une version de moi plus solide, plus apaisée, plus alignée. La Provence m’accueille comme un espace de transformation, et c’est depuis cette stabilité retrouvée que je choisis d’accompagner ceux qui en ont besoin. Ici, je peux enfin unir mon histoire, mes compétences et ma mission.