Il y a des moments où tout bascule sans bruit. Pas un grand fracas, pas une révélation spectaculaire… juste une phrase qui, soudain, remet chaque pièce à sa place. Pour moi, ce moment est arrivé le jour où j’ai compris que j’étais multipotentielle.
Pendant des années, j’ai cru que ma façon d’aimer mille choses, de changer de voie, de me passionner intensément puis de migrer vers un autre horizon était un signe d’instabilité. On me l’avait dit, je l’avais cru. J’ai tenté de me réduire, de choisir “une seule version de moi”, de rentrer dans un cadre qui n’a jamais été le mien.
Et puis un jour, tout s’est aligné. J’ai compris que ma richesse n’était pas un défaut, mais une boussole. Que mes chemins multiples racontaient une cohérence plus profonde que n’importe quelle ligne droite. Que ma vie nomade — intérieure, professionnelle, géographique — n’était pas une fuite, mais une manière d’habiter le monde.
Depuis ce jour-là, j’ai cessé de me battre contre moi-même. J’ai arrêté de vouloir prouver, justifier, expliquer. J’ai commencé à me regarder autrement : non plus comme un puzzle éparpillé, mais comme une constellation. Chaque étoile avait sa place, même si je ne voyais pas encore la forme qu’elles dessinaient ensemble.
La multipotentialité m’a appris à honorer mes élans, à écouter mes saisons intérieures, à accepter que je ne fonctionnerai jamais “comme tout le monde”. Et c’est tant mieux. J’ai compris que ma curiosité n’était pas un caprice, mais une force créatrice. Que mes changements de direction n’étaient pas des abandons, mais des métamorphoses. Que mes passions successives n’étaient pas des erreurs, mais des chapitres.
Peu à peu, j’ai réuni mes univers. La sophrologie, les émotions, les Fleurs de Bach, l’écriture, la créativité, l’accompagnement des familles, la stratégie douce, la poésie du quotidien… Tout ce que je croyais “trop” ou “à part” s’est mis à dialoguer. J’ai découvert que je pouvais être plusieurs choses à la fois, sans me perdre. Que je pouvais créer un espace où mes différentes facettes cohabitent, se nourrissent, s’enrichissent.
Ce qui m’a longtemps semblé éclaté forme aujourd’hui un tissage. Je ne cloisonne plus mes métiers : je les laisse se parler.
La sophrologue nourrit la nomade. La nomade inspire la créative. La créative éclaire la stratège. Et la stratège donne une direction à tout cela.
Chaque compétence devient une couleur, chaque expérience une texture.
Je ne choisis plus entre elles : je compose.
Quand j’accompagne un enfant à traverser une émotion, je ne suis pas seulement sophrologue. Je suis cette femme qui a appris à écouter les tempêtes intérieures, à reconnaître les signaux du corps, à accueillir ce qui déborde. Je me mets à hauteur d’enfant, je respire avec lui, je lui offre un espace où il peut déposer ce qu’il porte. Dans ce geste-là, il y a autant de technique que de présence, autant de savoir-faire que de vécu.
Quand j’écris un ebook, je ne fais pas que transmettre une expertise. Je pose sur le papier ce que j’ai appris en marchant, en accompagnant, en observant, en vivant. J’y mets mes mots, mes images, mes saisons intérieures. J’y mets cette manière très personnelle de rendre les choses simples, sensibles, accessibles. Écrire, pour moi, c’est rassembler. C’est transformer mes expériences en ressources, mes intuitions en chemins, mes connaissances en outils.
Et puis il y a la nomade. Celle qui marche, qui explore, qui respire mieux dehors que dedans. Celle qui se ressource dans les chemins, les odeurs de garrigue, les lumières changeantes de Provence. Depuis mon retour ici, quelque chose en moi s’est réveillé : une envie simple, presque instinctive, de partager cette beauté qui m’accompagne chaque jour.
C’est de là qu’est née l’idée d’un projet. Pas un projet transformateur, pas un programme d’évolution personnelle. Plutôt une invitation. Une manière de révéler la Provence telle que je la vis : vibrante, pleine de nuances et de trésors cachés. Un projet encore en gestation, qui se dessine au rythme de mes marches et de mes inspirations. Rien n’est encore figé. Tout est en train de naître, doucement, comme une promesse.
Nourrir mes besoins, c’est ça :
me permettre d’être sophrologue, créatrice, accompagnante, marcheuse, écrivaine, stratège, nomade… sans jamais avoir à choisir.